45 milliards FCFA pour changer d’échelle dans l’agriculture
La première opération concerne la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation (ProMAI). La BOAD lui consacre une enveloppe de 45 milliards FCFA.
Le projet prévoit notamment l’aménagement de 530 hectares et l’acquisition d’équipements d’irrigation. L’objectif affiché est d’accroître la productivité et de permettre une production additionnelle d’au moins 100 000 tonnes de riz par an, tout en créant des emplois, notamment au bénéfice des jeunes et des femmes.
Cette nouvelle opération s'inscrit dans une stratégie engagée depuis 2025. La BOAD avait d’abord accordé 20 milliards FCFA pour la première phase du ProMAI, avant d’approuver 40 milliards FCFA supplémentaires pour la deuxième phase en juin 2026. L’engagement cumulé de la banque sur les trois phases atteint ainsi 105 milliards FCFA.
Le programme vise notamment à renforcer l’accès des producteurs aux équipements modernes et aux solutions d’irrigation. La première phase avait prévu le déploiement de matériels agricoles au sein des Centres régionaux de mécanisation agricole (CRMA).
Au-delà des investissements dans les équipements, l’enjeu est celui de la maîtrise de l’eau et de l’augmentation des rendements. Pour le Togo, le financement contribue ainsi à faire de la mécanisation et de l’irrigation des leviers de transformation de la production agricole.
37 milliards FCFA pour renforcer le stockage pétrolier
Le deuxième financement, d’un montant de 37 milliards FCFA, est destiné au Complexe pétrolier de Lomé (COMPEL SA).
L’opération permettra d’ajouter 170 000 m³ aux capacités nationales de stockage de produits pétroliers. Selon la BOAD, l’objectif est de renforcer la sécurité énergétique du Togo et l’approvisionnement des pays de l’hinterland.
Cette infrastructure occupe déjà une position importante dans la chaîne logistique pétrolière régionale. Situé à environ 3,5 kilomètres du Port autonome de Lomé, COMPEL dispose actuellement d’une capacité opérationnelle de 244 000 m³. Ses installations comprennent notamment des pipelines dédiés aux différents produits, un quai pétrolier pouvant recevoir des navires jusqu’à 250 mètres et des équipements de chargement à haut débit.
Après extension, la capacité annoncée progresserait donc à environ 414 000 m³, soit une augmentation d’environ 70 % par rapport à la capacité opérationnelle actuelle.
La proximité du port et des corridors routiers vers les pays sans accès à la mer donne à cette infrastructure une dimension régionale. COMPEL indique notamment desservir les marchés du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Deux investissements, une même logique régionale
Les deux financements répondent à des enjeux différents mais stratégiques : produire davantage de denrées agricoles et sécuriser davantage les approvisionnements énergétiques.
Dans le premier cas, la BOAD accompagne la volonté du Togo d'accroître sa capacité productive, avec un accent particulier sur le riz, la mécanisation et l'irrigation. Dans le second, elle soutient une infrastructure logistique susceptible de renforcer les capacités de stockage et de redistribution des produits pétroliers vers plusieurs marchés de l'intérieur de l'Afrique de l'Ouest.
Ces investissements interviennent alors que le Togo bénéficie également d'autres financements destinés à la modernisation agricole. En juin 2026, Africa Finance Corporation avait mobilisé environ 71 milliards FCFA pour soutenir le Programme de modernisation de l’agriculture togolaise, notamment à travers l’acquisition et la distribution d’équipements agricoles et d’irrigation.
À l’échelle de la BOAD, les décisions du 24 septembre portent à 10 991,6 milliards FCFA le volume cumulé des financements engagés par l’institution depuis sa création en 1973.
Pour le Togo, les 82 milliards FCFA nouvellement approuvés traduisent ainsi un double investissement dans la capacité productive et dans les infrastructures de sécurisation des approvisionnements, deux composantes essentielles de la transformation économique et de l’intégration régionale.