Le « Consommons Local » change d’échelle au Bénin. Pour son édition 2026, la campagne annuelle de promotion des produits fabriqués dans le pays ne se limite plus aux productions agricoles et agroalimentaires. Elle met également en avant l’industrie, la transformation des matières premières et les biens manufacturés.
Le lancement officiel a eu lieu le 1er octobre à la Zone industrielle de Glo-Djigbé, au sein d’une unité spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction. Un choix qui illustre la volonté des autorités d’associer la consommation locale à la transformation industrielle.
Pour la ministre du Commerce intérieur et de la Formalisation de l’économie, Shadiya Alimatou Assouman, l’enjeu est de valoriser davantage les ressources disponibles au Bénin.
« Le concept du Consommer Local, c’est consommer ce que nous produisons, mais c’est aussi et surtout consommer ce que la nature nous a offert en créant de la valeur sur notre territoire », a-t-elle déclaré lors du lancement.
Des matières premières aux produits finis
L’une des particularités de cette édition réside dans l’accent mis sur les ressources du sous-sol béninois. Argile, kaolin et granite figurent notamment parmi les matières pouvant être transformées localement pour alimenter les industries.
L’exemple de la fabrication des matériaux de construction illustre cette démarche. Au lieu d’exporter ou de commercialiser uniquement des matières premières, l’objectif est de développer des chaînes de valeur capables de produire au Bénin des biens finis destinés au marché national et, à terme, aux marchés extérieurs.
Cette transformation peut générer des activités dans plusieurs secteurs : extraction, transport, ingénierie, production industrielle, maintenance, distribution et commercialisation.
Elle ouvre également des possibilités pour les petites et moyennes entreprises susceptibles de devenir fournisseurs ou sous-traitants des grandes unités industrielles.
Réduire la dépendance aux importations
La promotion des produits locaux répond également à un objectif de substitution aux importations.
Dans le secteur du bâtiment, par exemple, le développement d’une production nationale de matériaux peut offrir davantage d’alternatives aux produits venus de l’étranger. Mais cette évolution dépendra de la capacité des fabricants béninois à proposer des produits répondant aux attentes du marché.
Le simple fait qu’un produit soit fabriqué au Bénin ne garantit pas automatiquement son adoption par les consommateurs. Pour installer durablement le réflexe du « consommer local », les entreprises devront pouvoir proposer des biens compétitifs et accessibles.
L’industrie comme source d’emplois et de compétences
La transformation locale des ressources peut également renforcer les perspectives d’emploi.
Les unités industrielles ont besoin de techniciens, d’ingénieurs, d’agents de maintenance, de logisticiens, de spécialistes du contrôle qualité ou encore de professionnels de la commercialisation. Leur développement peut ainsi contribuer à créer de nouveaux métiers et à renforcer les compétences disponibles dans le pays.
L’effet peut également se diffuser aux entreprises locales qui fournissent des services, des équipements ou des matières premières aux industriels.
Cette logique rejoint l’ambition affichée par les autorités de construire progressivement une économie davantage tournée vers la transformation et la création de valeur sur le territoire.
La commande publique et la distribution comme leviers
Pour que la production locale trouve durablement sa place, la demande devra suivre.
La commande publique, les réseaux de distribution et l’accès des entreprises aux marchés constituent à cet égard des leviers importants. Les producteurs devront également pouvoir disposer de débouchés suffisamment importants pour rentabiliser leurs investissements.
Du côté des ménages, le pouvoir d’achat reste un autre facteur déterminant. La préférence pour les produits locaux devra pouvoir s’exprimer sans créer une contrainte excessive pour les consommateurs.
Le « Consommons Local » apparaît ainsi comme une démarche qui implique à la fois les producteurs, les distributeurs, les administrations et les consommateurs.
Un mois pour donner davantage de visibilité aux entreprises
Durant tout le mois d’octobre, différentes activités doivent permettre de présenter les produits fabriqués au Bénin et de sensibiliser les consommateurs.
Foires régionales, actions d’information et visites d’unités industrielles figurent parmi les initiatives destinées à rapprocher les producteurs du public.
Cette visibilité constitue toutefois une première étape. L’enjeu à plus long terme sera de transformer la campagne annuelle en une dynamique permanente de consommation et de production locales.
Avec cette 7ᵉ édition, le Bénin élargit donc progressivement la notion de « Consommons Local ». Le concept ne renvoie plus seulement aux produits issus des champs et des exploitations agricoles. Il englobe désormais davantage l’usine, la transformation des ressources, les biens manufacturés et les chaînes de valeur industrielles.
L’ambition est claire : faire en sorte qu’une plus grande partie de la valeur créée à partir des ressources béninoises soit générée, distribuée et réinvestie sur le territoire.